pays lointains
Vos Questions sur l'art africain

Avant d'être de l'art tribal pur ce fut une nécessité, une représentation divine pour l'apaisement des âmes. La majorité des oeuvres d'art traditionnel en Afrique ont eu un but religieux. L'homme a fait appel à diverses croyances destinées à concilier les innombrables forces environnantes. Sont nées des divinités, des génies, invoqués par des rites destinés à entrer en communication avec eux, appelés afin de les protéger, en prière et incantations sous formes diverses : chants, danses, offrandes et sacrifice. Les hommes demandaient à un sculpteur de créer une forme qui servirait de réceptacle, de support utile au cours des cérémonies, qui personnifie souvent des ancêtres morts ou des divinités.

Les emprunts ayant été fréquents entre les peuples, il est souvent difficile d'attribuer un masque à telle ou telle population. La plupart sont taillés dans des bois tendres faciles à travailler, suffisamment légers pour permettre la confection de grands masques à lame, mais très vulnérables aux insectes. Aussi la majorité d'entre eux sont-ils relativement récents.

Tradition au Cameroun : La transmission de la tradition est un ciment important de la vie sociale et culturelle. Ellerepose d'avantage sur l'oralité que sur les biens matériels. Une statuette ou un masque ne comptent que s'ils sont investis d'une valeur ajouté, lors de cérémonies rituelles par exemple. Si l'objet n'est plus habité par l'esprit ous'il s'est révélé inefficace, il peut être délaissé quelle que soit sa valeur esthétique, d'où la possibilité pour le chef  ou les notables de le vendre ou de s'en débarasser , à charge d'en refaire exécuter un autre  sur le même modèle par un artiste local.

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Le griot :

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djembé

"gardien des traditions et des coutumes" :

En Afrique, le Griot est synonyme de poète et de musicien. Le griot connaît les mots et les rythmes, et jouent un rôle important en Afrique ou la mémoire, la tradition ont longtemps été transmises par la parole. Le griot est souvent musicien, chanteur et compositeur. Ses récits sont accompagnés de cette musique traditionnelle que chacun a appris à écouter depuis l'enfance Il connait les légendes, les mythes et l'histoire de sa région, lors des conflits armés, il ne portait pas d'arme et n'était pas fait prisonnier. Aujourd'hui encore, les griots servent d'émissaire dans les villages, et se chargent aussi des affaires familiales ou sentimentales (fiançailles, animent les mariages, annoncent les naissances ou les décès, arrange les conflits entre voisins). Ils savent se faire comprendre sans dire les choses, en procédent par allusions, car leur honneur est de savoir ne pas meentir tout en préservant les secrets qu'on leur a livrés. Ces gardiens des secrets sont parfois redoutés des puissants et certains ont été jetés en prison parce leur voix dérangeait. Le bon griot est habile et prudent, au Sénégal, on dit que losqu'un vieillard meurt, c'est une bibliothèque qui disparaît.

L'Afrique à travers la Poste

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timbre dogon

La poste a porté un grand intérêt à la sculpture africaine. Voici quelques exemples de sculptures : Reliquaire Bakota, Tête Ekoi, statue Baoulé, Danseur Dogon au masque Kanaga, masque Punu, Masque Sénoufo, Masque "chauve souris" planche Bobo.

 

timbres d'Afrique

Datation des objets d'art en bois

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abstrait C14

Le principe du CARBONE 14 : On peut dater tout ce qui a été vivant à un moment, notamment les ossements et les objets en bois.

Le carbone existe sous différents isotopes (même nombre de protons, mais nombre de neutrons différents), notamment le carbone-12, qui est le plus abondant et qui est stable, et le carbone-14, qui est le plus rare et radioactif (instable). Lorsque l'animal ou le morceau de bois est vivant, il incorpore du carbone (via la photosynthèse ou la nourriture). Il incorpore aussi bien du carbone-12 que du carbone-14, et sa proportion des deux isotopes est donc la même que dans la nature. Lorsque l'animal ou le bois meurt, il cesse d'incorporer du carbone. Or, comme le carbone-14 est instable, sa quantité diminue petit à petit. (Une fois l'organisme mort, le C14 se désintègre mais n'est plus renouvelé et donc sa quantité décroit). On connait la durée de vie moyenne du carbone-14, donc sa vitesse de décroissance. En calculant le rapport des isotopes, on en déduit l'âge du fossile ou de l'objet. Ce n'est valable que pour certaines dates (trop récent, et le carbonne-14 n'a presque pas disparu ;  trop vieux, et il n'en reste pratiquement plus).

Fourchette de datation pour le carbone-14 : de 50 à 50 000 ans... . Il y a aussi une seconde  méthode de datation pour les objets en bois, qui est la thermoluminescence.

Les sculpteurs africains

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L'expression artistique représentée sous toutes les formes est issus du fruit de leur effort, leur travail est reconnu et respecté. L'accès à l'art de la sculpture est ouvert à tous, hormis à l'intérieur des tribus dans lesquelles des castes professionnelles prédestines à un métier.

Partout ailleurs le métier de sculpteur se transmet le plus souvent de père en fils. Dans certaines régions, l'art se transmet au sein d'une famille qui en garde jalousement le secret. Ailleurs, si l'on veut devenir sculpteur, l'adepte reçoit cet enseignement par l'apprentissage d'une durée de trois ans et par étape.

Les autodidactes ne sont pas rare chez les sculpteurs. Les sculpteurs se spécialisent tantôt dans un genre ou au contraire travaillent sur commande d'un particulier ou d'une société secrète.

Exceptionnellement ils sculptent sans avoir reçu de commande, dans le but de se constituer un stock. Les artisants sculpteurs africain vise à la reproduction consciente d'un modèle qu'il s'agira non pas de copier mais de perpétrer dans une forme proche.

Le bois

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Types de bois utilisés en Afrique :

Bois durs et très durs : padouk (couleur rouge vif, devient brun violacé à la lumière) , wengé (couleur jaune à l'état frais devenant brun foncé à noir à la lumière,  Îroko (couleur marron pâle au chocolat/ressemblance avec le teck). doussié. azobé. nîangon/eck. makoré. sipo. acajou (grand Bassan). sapelli. bété. izigo. landa. bubin-a. zébrano (zingana). afrormosia. amarante.  movîngui.

Bois tendres : fromager (fuma) couleur blanc crème. okoumé. obèche (ou samba, ou ayous). limba lomba. tchitola. olon.  framiré. avodîré. dîbétou. 

Un sculpteur traditionnel ne travaille jamais l'ébène ou tout autre bois noble similaire. Hormis les artistes actuels auteurs de sculptures modernes. D'une manière générale on choisira des bois tendres du fait de leur maniabilité. Les bois durs sont utilisés dans le cas ou la sculpture est censée devoir résister longtemps à l'attaque présumée des termites. Les sculpteurs utilisent souvent un bois vert provenant d'un arbre fraîchement abattu. Ceci provoque sur les sculptures des fêlures longitudinales qui abîment souvent de très beaux masques et figures de collections. Les masques sont le plus souvent sculptés dans un seul bloc de bois (masques monoxyles). Font entre autres exception les modèles dont le maxilaire inférieur est articulés et certaines antilopes constitués de plusieurs pièces dont se composent les cimiers de Bamana, Mali.

Les outils sont rudimentaires : une herminette (long ciseau légèrement incurvé fixé sur un long manche en bois, ainsi qu'un couteau ou éventuellement d'une gouge pour lui donner sa forme définitive et les menus détails. Lorsqu'il y a besoin d'un polissage parfait, il utilise des feuilles abrasives. L'oeuvre achevé reçoit ensuite un enduit, composé de sève ou d'huile, qui finit par foncer. L'objet est encore généralement patiné artificiellement. Immergé pour quelques jours dans des rivières qui lui prête une couleur foncée. Ou encore exposés à la fumée d'un feu de bois vert sans cesse alimenté, ce qui donne une teinte brun-noir. Le masque peut aussi être teinté, voir ci-dessous.

Technique de la fonte à cire perdu

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Pour la fabrication d'objets métalliques, la technique de la fonte à la cire perdue peut s'employer aussi bien pour le bronze (ou laiton) que pour l'or.

voir l'annonce de la tête Ifé annonce tête Ifé

  1. pour un petit objet ou un bijou, l'artisant fait un modèle de son oeuvre en cire.                                                        
  2. si l'objet est de grande taille et doit comporter un vide, le fondeur prépare un noyau central composé d'un mélange d'argile et de charbon de bois de la forme voulue, puis il applique sur ce noyau de la cire et en sculpte finement la surface.
  3. L'artiste ajoute un prolongement en cire destiné à conduire le métal fondu.
  4. L'âme en cire est alors recouverte de fine argile pulvérisée et mouillé en veillant à respecter les formes des motifs de surface.
  5. Avec de la glaise moins fine mêlée de kapok, le fondeur réalise un moule de toute l'oeuvre.
  6. Le moule est mis à chauffer. La cire s'écoule. Elle est remplacée par du métal liquide qui remplit l'espace laissé vide.
  7. Après refroidissement, le moule est brisé pour dégager l'oeuvre. Il ne peut donc servir q'une fois.

Bronze ou laiton ?

L'alliage utilisé pour ces fontes était constitué d'environ 75 % de cuivre, 20 % de zinc, 1,5 % à 2 % de plomb et 0,80 % d'étain. Ce n'est donc pas, en termes techniques strict, du bronze mais du laiton. Cependant, par habitude, on continue à parler des "bronzes" du Bénin.

Géographie : L'actuel Etat du Bénin ne correspond pas au Bénin ancien. Celui-ci se trouvait dans ce qui est de nos jours le Nigéria.  

La polychromie

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Couleurs à base végétale : teinté avec des sucs végétaux, on l'enduit de palmier rouge et peint à l'aide de pigments végétaux mélangés au kaolin (argile blanche) ou aux argiles. Mais depuis de nombreuses décennies, des couleurs à l'huile importées sont employées également.

Formes de base

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Le masque facial : (ex : Dan, Libéria) connu en Afrique de tous les peuples utilisant des masques.

Le masque heaume : confectionné à partir d'un bloc de bois évidé de manière à ce que la tête du porteur puisse s'y introduire entièrement. Répendu en Sierra Leone chez les Mendé   , ou au Zaire chez les Suku.

Le masque casque : se distingue du masque-heaume par sa cavité, dans laquelle la tête du porteur peut se glisser tout entière. Il se fixe à la manière d'une calotte sur la tête du porteur, dont il ne dissimule pas le visage. Ce type de masque se retrouve dans la société kwifon dans le Grasseland camerounais, et la société gélédé des Yorouba dans le sud nigérian.

Le masque frontal : (ex : Gouro Côte d'Ivoire) n'est composé comme le masque facial, que d'un visage  mais stabilisé par son pourtour circulaire, il vient se positionner à l'horizontale sur la tête du porteur, qui dans le cas de masques anthropomorphes (comme dans le Grasseland camerounais), doit se pencher très en avant pour que le spectateur ait une chance de voir le visage représenté.  Pour les masque frontaux zoomorphes, le porteur n'a pas besoin de se pencher. Les deux dernières formes de masques mentionnées laissent le visage du porteur apparent. C'est pourquoi il est recouvert d'un filet, d'un tissu ou de tout autre matériau similaire à travers le porteur peut voir.

Le cimier : (ex : Baga, Baman du Mali)  qui représente une tête d'homme ou d'animal, vient se positionner sur un petit support situé au sommet du crâne. L'art des Bamana, au mali et celui de diverses ethnies établies dans la région de la Crosse River Nigéria en offre l'exemple.

Le masque d'épaules   (ex : Baga de Guinée) : se présente sous la forme d'un buste très lourd. Comme son nom l'indique, il se porte sur les épaules, une petite fenêtre ménagée à la hauteur de la poitrine permettent au porteur de se diriger.

A partir de ces principaux types de masques s'est développée toute une variété de formes particulières. Par exemple les masques planches agrandis par le haut  ou sur les côtés : (Bobo:Bwa, Burkina Faso). 

Ou encore des formes proliférantes caractérisées par l'ajout de plusieurs étages ou par des ajout latéraux. Il y a aussi ceux portés par plusieurs personnes à la fois (Nasolo de la société du poro, Sénoufo, Côte d'Ivoire). Etrave (partie avant de la quille d'un bateau) ornée d'un masque-boeuf, Bidjogo, Guinée-Bissau.

Les Reliquaires voir la page des Reliquaires

Sous le nom de Kota, on désigne de nombreuses ethnies vivant dans l'Est du Gabon. Au plan esthétique, elles relèvent d'un même courant culturel venu du nord, mais les formes des figurines varient. Le visage est toujours revêtu de métal, cuivre ou laiton, travaillé soit en feuilles soit en fils juxtaposés.  L'emploi du métal, régulièrement frotté avec du sable pour en aviver l'éclat, était destiné à renforcer l'impact psychologique de ces figurines lorsqu'elles étaient présentées, brillant dans la pénombre, au cours de rites nocturnes. Le reste du temps les reliquaires étaient groupés par clans dans l'ombre d'une hutte consacrée, à l'abri des regard profanes, mais à proximité du village. A l'origine pour tous les reliquaires Mahongwé et Kota, le piètement de la figurine était planté dans un paquet de reliques.

Le reliquaire exprime d'une manière très forte la persistance et l'autorité des défuns qui restent ainsi doublement présents, au plan matériel d'abord, puisque des ossements sont conservés, au plan mythique ensuite, à travers la figurine qui n'est jamais un portrait , mais une évocation abstraite de l'ancêtre. Les chefs de famille en possédaient autrefois dans leurs cases, ceux-ci dates d'une ou deux générations en arrière.

Thèmes et motifs

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Visages ou bustes anthropomorphes : masculins, féminins ou très rarement les deux sexes à la fois.

Des têtes d'animal zoomorphe : représentant tous les animaux de la faune, des falaises et de la plaine :(antilope, taureau, éléphant léopard, singe, crocodile, poisson, oiseau, etc.).Les paysans ont fait du calao le symbole de l'amour familial, à cause de son comportement : pour couver ses oeufs, la femelle s'enferme dans un trou d'arbre mort que le mâle bouche avec de la boue, ne laissant qu'une petite ouverture. Durant la couvée, le mâle la nourrit et lui apporte parfois des petits cailloux ou des fleurs. Le nourrissage se poursuit après l'éclosion, puis les deux adultes brisent l'entrée du nid pour libérer la famille.

 

Ou l'association des deux : têtes humaines à cornes, créatures hybrides présentant des traits tant anthropomorphes que zoomorphes ou encore les caractéristiques de plusieurs espèces animales.

Caractéristiques particulières : revêtement de cuir, visage en forme de coeur, visages doubles dits janiformes, têtes multiples ou compositions à plusieurs figures (association de divers oiseuax ou figures anthromorphes au sommet du masque, tête d'animal surmonté de figures anthropomorphes.

Forme des yeux : En cercle Dan, Côte d'Ivoire/Libéria. En forme de rectangle : Dogon du Mali. En forme de fente : Kwélé du Gabon. En forme de losange : Baoulé, Côte d'Ivoire. Asymétrie des yeux : masque de maladie (Libéria).  Double paire d'yeux : Vuvi du Gabon. Triple paire d'yeux : Kwélé du Gabon. Double reflet : Téké de République du Congo. Double paire d'yeux de grosseurs différentes :Bembé du Zaïre. Multiple paire d'yeux : Oubi de Côte dIvoire.

Revue de presse

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Masque Fang chez Pays Lointains

 Oeuvre d'arts premiers la plus chère au monde !
 MASQUE FANG VENDU A DROUOT samedi 15 septembre 2007
 

La collection historique de Pierre Vérité, commencé en 1920, a été dispersé au terme d'enchères allant parfois au-delà un million d'euros.   
La dispersion ce week-end du samedi 17 et dimanche 18 juin à l'hôtel Drouot de la collection de Pierre et Claude Vérité, ensemble exceptionnel de 514 œuvres d'arts premiers d'Afrique et d'Océanie, a tenu toutes ses promesses, le clou de cette vente revenant à un masque "ngil" fang du Gabon, acquis au prix record de 5.904.176 euros par un acheteur resté anonyme.

Pièce emblématique de la collection Vérité, ce masque-casque blanc en bois peint au kaolin, chef-d'œuvre de l'art fang du XIXe siècle, était estimé entre 1 et 1,5 million d'euros. Cette "pure merveille de géométrie", comme la qualifie Pierre Amrouche, expert de cette vente et ami des Vérité, est désormais l'œuvre d'arts premiers la plus chère jamais vendue au monde.
Ce masque, qui serait l'un des dix exemplaires authentiques "ngil" de grandes dimensions répertoriés, figurait en 1984 dans la mythique exposition "Primitivisme" du MoMA à New York. Picasso aurait lui-même été influencé par cette représentation stylisée d'un visage humain au front haut, que l'on retrouve dans ses "Demoiselles d'Avignon".

Envolée des prix 

Le trésor des Vérité, considéré comme la dernière grande collection française d'arts dits "primitifs", a largement dépassé l'estimation globale initiale de 15 à 20 millions d'euros. Au final, après la vente dimanche des 80 lots océaniens, le total hors frais affichait 36,8 millions d'euros, soit nettement plus que prévu.
"Avec cette vente, qui est peut-être la dernière de cette importance, on assiste à une envolée des prix", a analysé dimanche Muriel Berlinghi-Domingo, commissaire priseur de cette vente organisée par Enchères Rive Gauche. "Comme il s'agit d'une collection historique, dont bon nombre des objets n'avaient quasiment jamais été vus, une émulation s'est créée. Les pièces de la collection Vérité bénéficient d'un pedigree extraordinaire".