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La collection historique de Pierre Vérité, commencé en 1920, a été dispersé au terme d'enchères allant parfois au-delà un million d'euros. La dispersion ce week-end du samedi 17 et dimanche 18 juin à l'hôtel Drouot de la collection de Pierre et Claude Vérité, ensemble exceptionnel de 514 œuvres d'arts premiers d'Afrique et d'Océanie, a tenu toutes ses promesses, le clou de cette vente revenant à un masque "ngil" fang du Gabon, acquis au prix record de 5.904.176 euros par un acheteur resté anonyme.
Pièce emblématique de la collection Vérité, ce masque-casque blanc en bois peint au kaolin, chef-d'œuvre de l'art fang du XIXe siècle, était estimé entre 1 et 1,5 million d'euros. Cette "pure merveille de géométrie", comme la qualifie Pierre Amrouche, expert de cette vente et ami des Vérité, est désormais l'œuvre d'arts premiers la plus chère jamais vendue au monde. Ce masque, qui serait l'un des dix exemplaires authentiques "ngil" de grandes dimensions répertoriés, figurait en 1984 dans la mythique exposition "Primitivisme" du MoMA à New York. Picasso aurait lui-même été influencé par cette représentation stylisée d'un visage humain au front haut, que l'on retrouve dans ses "Demoiselles d'Avignon".
Envolée des prix
Le trésor des Vérité, considéré comme la dernière grande collection française d'arts dits "primitifs", a largement dépassé l'estimation globale initiale de 15 à 20 millions d'euros. Au final, après la vente dimanche des 80 lots océaniens, le total hors frais affichait 36,8 millions d'euros, soit nettement plus que prévu. "Avec cette vente, qui est peut-être la dernière de cette importance, on assiste à une envolée des prix", a analysé dimanche Muriel Berlinghi-Domingo, commissaire priseur de cette vente organisée par Enchères Rive Gauche. "Comme il s'agit d'une collection historique, dont bon nombre des objets n'avaient quasiment jamais été vus, une émulation s'est créée. Les pièces de la collection Vérité bénéficient d'un pedigree extraordinaire". |